Infos pratiques
Cathédrale Saint-Apollinaire : accès et horaires
- Adresse : 4 place du Pendentif, 26000 Valence
- Jeudi : 10h – 12h
- Samedi : 8h30 – 12h et 14h – 17h
- Dimanche : 9h – 11h
- Entrée : Gratuite
- Visites guidées : Sur réservation à l'office de tourisme (04 75 44 90 40)
La cathédrale n'est pas ouverte en continu toute la semaine. Les horaires ci-dessus correspondent aux permanences assurées. En dehors de ces plages, l'accès peut être possible lors de célébrations ou d'événements ponctuels. En cas de doute, il vaut mieux appeler le diocèse ou l'office de tourisme avant de se déplacer.
Une cathédrale qui a traversé les siècles
Les origines : un évêché dès le IIIe siècle
La communauté chrétienne de Valence est l'une des plus anciennes de Gaule. Les premières traces d'un évêché valentinois remontent au IIIe siècle, bien avant Charlemagne, bien avant les grandes cathédrales gothiques du nord de la France. La ville occupait alors une position stratégique sur la rive gauche du Rhône, à un carrefour de routes romaines.
Plusieurs bâtiments religieux se succèdent sur ce site avant que ne soit engagée, au XIe siècle, la construction de la cathédrale que l'on connaît aujourd'hui.
La construction : XIe siècle, style roman bourguignon
Les travaux débutent sous l'impulsion de l'évêque Gontard, à partir des années 1060-1070. Le style retenu est le roman bourguignon : une architecture sobre et massive, avec une nef en berceau, des murs épais, des ouvertures réduites. Pas d'envolée gothique, pas de vitraux éclatants. Simplement une présence imposante, presque minérale.
Le 5 août 1095, la cathédrale est consacrée par le pape Urbain II en personne. Ce détail est important : 1095 est l'année même où Urbain II lance depuis Clermont-Ferrand la première croisade. Le pape est alors en tournée en France pour galvaniser la chrétienté, et son passage à Valence pour la consécration de la cathédrale dit beaucoup de l'importance que la ville avait aux yeux de l'Église à cette époque.
Le clocher, tour de guet sur le Rhône
Le clocher de la cathédrale ne servait pas qu'à sonner les heures. Sa hauteur en faisait un poste d'observation privilégié sur le Rhône et sur la plaine environnante, à une époque où contrôler le fleuve signifiait contrôler le commerce et la défense de la ville.
Détruite, puis reconstruite à l'identique
Les guerres de Religion du XVIe siècle frappent durement Valence. La ville embrasse tôt la Réforme protestante, et les affrontements entre catholiques et huguenots laissent des traces profondes dans le tissu urbain. La cathédrale est partiellement détruite : sculptures arrachées, mobilier saccagé, structure endommagée.
Mais au lieu de reconstruire selon les goûts du XVIIe siècle, le baroque triomphant qui régnait alors partout en Europe, les chanoines valentinois font le choix remarquable de reconstruire à l'identique, dans le respect du roman originel du XIe siècle. Cette fidélité à la forme ancienne explique en partie la cohérence architecturale que l'on ressent encore aujourd'hui dans la cathédrale.
Au XVIIIe siècle, l'évêque enrichit l'intérieur : grand orgue, autel en marbre, tableaux. La cathédrale retrouve une certaine somptuosité.
Le tombeau du pape Pie VI
C'est l'un des faits les plus insolites de l'histoire valentinoise : la cathédrale Saint-Apollinaire abrite le monument funéraire du pape Pie VI, mort prisonnier à Valence le 29 août 1799.
L'histoire est celle d'une chute vertigineuse. Pie VI (Giovanni Angelo Braschi, élu pape en 1775) voit son autorité balayée par la Révolution française. Les troupes du Directoire envahissent les États pontificaux, proclament la République romaine, et capturent le pape âgé. Transféré de force en France, à Valence précisément, il meurt dans la ville après plusieurs mois de détention, épuisé et malade, à 81 ans.
Son corps est d'abord inhumé localement. Après le Concordat de 1801 entre Napoléon et l'Église, ses restes sont transférés à Rome, mais son cœur reste à Valence, conservé dans un reliquaire placé dans le chœur de la cathédrale. Un monument lui est érigé dans la nef. Ce tombeau, discret mais chargé d'histoire, est l'un des points les plus singuliers de la visite.
Pie VI à Valence : les dates
- Né en 1717 à Cesena (Italie)
- Élu pape en 1775
- Capturé par les armées du Directoire en 1798
- Transféré à Valence en juillet 1799
- Mort à Valence le 29 août 1799, à 81 ans
- Son cœur est conservé dans la cathédrale
Un monument classé depuis 1869
La cathédrale Saint-Apollinaire est classée Monument Historique depuis 1869, l'un des premiers classements effectués sous la IIIe République. Ce statut garantit sa protection et a permis d'importants travaux de restauration au cours du XXe siècle.
Elle est aujourd'hui l'un des rares édifices romans aussi bien conservés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. La plupart des cathédrales de cette période ont été profondément remaniées au fil des siècles ; celle de Valence a gardé une lisibilité architecturale rare.
Ce qu'il faut voir lors de la visite
En entrant dans la cathédrale, quelques points méritent une attention particulière :
- La nef centrale : la voûte en berceau brisé, sobre et puissante, est caractéristique du roman bourguignon. Prenez le temps de laisser les yeux s'habituer à la pénombre avant d'en apprécier les proportions.
- Le monument funéraire de Pie VI : dans le chœur, à gauche de l'autel. Un tombeau sobre, en marbre, avec une inscription latine. L'endroit est calme et souvent ignoré des visiteurs pressés.
- Le grand orgue : installé au XVIIIe siècle, restauré au XXe. Il est utilisé pour des concerts ponctuels, renseignez-vous à l'office de tourisme si vous souhaitez assister à l'un d'eux.
- La place du Pendentif : en ressortant, ne manquez pas le Pendentif lui-même, le petit monument Renaissance de 1548 qui se trouve juste au nord de la cathédrale. Souvent passé inaperçu, c'est pourtant l'un des monuments les plus rares de France.